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Alors que les lycéens, les parents d'élèves et les professeurs manifestaient dans les rues d'Alès dans le cadre de la "journée département du Gard mort", notre Député socialiste William Dumas interpellait ce matin le Ministre de l'Education nationale sur les suppressions de poste.
M. William Dumas – Monsieur le ministre de l'éducation
nationale, vous avez annoncé la suppression de 11 500 postes
d'enseignants pour la rentrée 2008. Alors que le Président de la
République avait promis l'excellence, c’est une réduction drastique des
moyens humains qui nous est imposée. Dire que le système éducatif
français coûte plus cher qu'ailleurs en Europe, c’est avoir une vision
comptable de l'école de la République et faire du savoir un produit de
consommation comme un autre. La révision générale des politiques
publiques dont vous vous targuez est en fait une politique de rigueur
qui met en péril l'avenir de nos enfants.
Mon département du Gard comptera près d'un millier d'élèves
supplémentaires à la rentrée prochaine, et pourtant 25 postes
d'enseignement et 240 heures de cours vont être supprimés. Quel sera
l'avenir de ces jeunes, dans un département déjà sinistré par les
délocalisations de Well, Jallate, Perrier ou Syngenta ? Comment ne pas
s’inquiéter de la pérennité des options, de la prévention de la
violence ou du suivi individualisé des élèves ? Et s‘y ajoutent la
disparition de la carte scolaire, le passage du bac professionnel de
quatre à trois ans et la suppression de la majorité des brevets
d'enseignement professionnel…
Notre président avait promis l'excellence. C’est un nivellement par
le bas qu'on nous propose. Aujourd'hui, par la mobilisation de ses
syndicats d'enseignants et de ses parents d'élèves, c'est tout un
département qui vous demande une réponse.
M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale –
Essayons de rester objectifs : la vision comptable que vous évoquez a
consisté en fait à augmenter systématiquement le nombre de postes
depuis vingt ans. Si elle avait fait la preuve de son efficacité, je
serais le premier à la défendre. Mais, alors que depuis une quinzaine
d’années, le budget de l’éducation nationale a doublé et que nous
sommes le pays de l’OCDE qui, de loin, offre le meilleur encadrement
éducatif, nous ne cessons de perdre des places dans les classements
internationaux sans nullement lutter contre les inégalités sociales, et
un lycéen sur deux entre à l’université sans y obtenir le moindre
diplôme.
Je ne crois donc pas – et je vous le dis sincèrement, après quarante
ans d’expérience à l’éducation nationale –, je ne crois pas que la
réponse soit d’ajouter des crédits. C’est même le meilleur moyen de
s’abstenir de penser une réforme. Il faut en finir avec cette bonne
conscience qui pousse à dépenser sans cesse et se demander comment
mieux travailler. La vision comptable, c’est croire qu’il suffit de
rajouter des emplois pour tout régler.
Le Gouvernement s’est beaucoup investi dans la lutte contre l’échec
scolaire, mais d’une autre manière. Cette année, par exemple,
150 000 heures supplémentaires ont été consacrées à des études
dirigées, après les cours, pour les élèves de l’éducation prioritaire
et 22 000 modules de stage ont été organisés pendant les vacances pour
les élèves de CM1 et CM2 en grande difficulté – ils ont suscité une
satisfaction générale. Le temps scolaire a été réorganisé afin que les
professeurs puissent consacrer une partie de leur service aux élèves
les plus en difficulté. La filière professionnelle a été revalorisée –
et, contrairement à ce que vous avez dit, aucun BEP ne sera supprimé –
parce qu’aujourd’hui, 50 % des lycéens en BEP ne continuent pas
jusqu’au baccalauréat professionnel. Nous larguons chaque année
150 000 élèves avant le bac ! Bref, il faut penser globalement la
réforme du système, et non pas faire seulement des additions d’emplois.
Cela dit, le département du Gard connaît des évolutions dans ses
effectifs d’élèves, auxquelles l’éducation nationale s’est adaptée.
Dans le primaire, il y aura 175 élèves supplémentaires et donc
17 emplois de plus, et 295 élèves et 9 postes de plus au collège. En
revanche, les lycées vont perdre entre 300 et 400 élèves et certains
postes ne seront donc pas renouvelés. Ni l’accompagnement, ni le suivi,
ni la qualité de l’enseignement n’en pâtiront. L’offre éducative est
simplement adaptée aux besoins.
M. William Dumas – Nous n’avons pas tout à fait les mêmes
chiffres. L’académie prévoit 31 ouvertures de classes de primaire pour
25 fermetures, ce qui ne fait que six créations de postes. Les chiffres
correspondent pour les collèges, mais pour les lycées, 34 postes
seraient supprimés pour 131 élèves… supplémentaires ! En tout état de
cause, je ne pense pas que votre réponse comble les attentes des
Gardois, qui mènent ce matin une opération « département mort »
particulièrement suivie. Peut-être aurait-il mieux valu, avant de
décider d’un paquet fiscal pour les plus aisés, penser à l’avenir de
nos enfants.
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