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Parti Socialiste d'Alès

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Suppression de postes dans l'éducation nationale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Equipe section   
29-04-2008

dsc00152.jpgAlors que les lycéens, les parents d'élèves et les professeurs manifestaient dans les rues d'Alès dans le cadre de la "journée département du Gard mort", notre Député socialiste William Dumas interpellait ce matin le Ministre de l'Education nationale sur les suppressions de poste.

M. William Dumas – Monsieur le ministre de l'éducation nationale, vous avez annoncé la suppression de 11 500 postes d'enseignants pour la rentrée 2008. Alors que le Président de la République avait promis l'excellence, c’est une réduction drastique des moyens humains qui nous est imposée. Dire que le système éducatif français coûte plus cher qu'ailleurs en Europe, c’est avoir une vision comptable de l'école de la République et faire du savoir un produit de consommation comme un autre. La révision générale des politiques publiques dont vous vous targuez est en fait une politique de rigueur qui met en péril l'avenir de nos enfants.

Mon département du Gard comptera près d'un millier d'élèves supplémentaires à la rentrée prochaine, et pourtant 25 postes d'enseignement et 240 heures de cours vont être supprimés. Quel sera l'avenir de ces jeunes, dans un département déjà sinistré par les délocalisations de Well, Jallate, Perrier ou Syngenta ? Comment ne pas s’inquiéter de la pérennité des options, de la prévention de la violence ou du suivi individualisé des élèves ? Et s‘y ajoutent la disparition de la carte scolaire, le passage du bac professionnel de quatre à trois ans et la suppression de la majorité des brevets d'enseignement professionnel…

Notre président avait promis l'excellence. C’est un nivellement par le bas qu'on nous propose. Aujourd'hui, par la mobilisation de ses syndicats d'enseignants et de ses parents d'élèves, c'est tout un département qui vous demande une réponse.

 

M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale – Essayons de rester objectifs : la vision comptable que vous évoquez a consisté en fait à augmenter systématiquement le nombre de postes depuis vingt ans. Si elle avait fait la preuve de son efficacité, je serais le premier à la défendre. Mais, alors que depuis une quinzaine d’années, le budget de l’éducation nationale a doublé et que nous sommes le pays de l’OCDE qui, de loin, offre le meilleur encadrement éducatif, nous ne cessons de perdre des places dans les classements internationaux sans nullement lutter contre les inégalités sociales, et un lycéen sur deux entre à l’université sans y obtenir le moindre diplôme.

Je ne crois donc pas – et je vous le dis sincèrement, après quarante ans d’expérience à l’éducation nationale –, je ne crois pas que la réponse soit d’ajouter des crédits. C’est même le meilleur moyen de s’abstenir de penser une réforme. Il faut en finir avec cette bonne conscience qui pousse à dépenser sans cesse et se demander comment mieux travailler. La vision comptable, c’est croire qu’il suffit de rajouter des emplois pour tout régler.

Le Gouvernement s’est beaucoup investi dans la lutte contre l’échec scolaire, mais d’une autre manière. Cette année, par exemple, 150 000 heures supplémentaires ont été consacrées à des études dirigées, après les cours, pour les élèves de l’éducation prioritaire et 22 000 modules de stage ont été organisés pendant les vacances pour les élèves de CM1 et CM2 en grande difficulté – ils ont suscité une satisfaction générale. Le temps scolaire a été réorganisé afin que les professeurs puissent consacrer une partie de leur service aux élèves les plus en difficulté. La filière professionnelle a été revalorisée – et, contrairement à ce que vous avez dit, aucun BEP ne sera supprimé – parce qu’aujourd’hui, 50 % des lycéens en BEP ne continuent pas jusqu’au baccalauréat professionnel. Nous larguons chaque année 150 000 élèves avant le bac ! Bref, il faut penser globalement la réforme du système, et non pas faire seulement des additions d’emplois.

Cela dit, le département du Gard connaît des évolutions dans ses effectifs d’élèves, auxquelles l’éducation nationale s’est adaptée. Dans le primaire, il y aura 175 élèves supplémentaires et donc 17 emplois de plus, et 295 élèves et 9 postes de plus au collège. En revanche, les lycées vont perdre entre 300 et 400 élèves et certains postes ne seront donc pas renouvelés. Ni l’accompagnement, ni le suivi, ni la qualité de l’enseignement n’en pâtiront. L’offre éducative est simplement adaptée aux besoins.

M. William Dumas – Nous n’avons pas tout à fait les mêmes chiffres. L’académie prévoit 31 ouvertures de classes de primaire pour 25 fermetures, ce qui ne fait que six créations de postes. Les chiffres correspondent pour les collèges, mais pour les lycées, 34 postes seraient supprimés pour 131 élèves… supplémentaires ! En tout état de cause, je ne pense pas que votre réponse comble les attentes des Gardois, qui mènent ce matin une opération « département mort » particulièrement suivie. Peut-être aurait-il mieux valu, avant de décider d’un paquet fiscal pour les plus aisés, penser à l’avenir de nos enfants.

 

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