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Benjamin Mathéaud, conseiller municipal d'Alès et secrétaire de section du PS a écrit une lettre ouverte au Député Maire d'Alès Max Roustan concernant le vote du projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés.
"Dans quelques jours, vous aurez à vous prononcer à nouveau
sur ce projet de loi lors de sa deuxième lecture à l’assemblée nationale.
Monsieur le Député Maire, au nom des nombreux citoyens
alésiens et de la 4ème circonscription du Gard, attachés comme moi à
la préservation de la biodiversité et à la possibilité d’avoir encore accès à
une alimentation saine dans le futur, je vous demande d’être présent lors de ce
scrutin et de voter contre ce projet de loi."
Alès le 6 mai 2008,
Monsieur Max ROUSTAN
Député Maire d’Alès
Hôtel de Ville
30100 Alès
Monsieur le Député Maire,
Le vendredi 25 avril, une projection du film « Le monde
selon Monsato » ainsi qu’un débat avec l’auteur Madame Marie Monique Robin
ont été organisés dans la salle du capitole à Alès. Cette enquête approfondie,
sérieuse et documentée a permis de révéler au grand public, les agissements et
méthodes utilisées par la firme Monsanto pour développer l’usage des OGM sur
l’ensemble de la planète. Plusieurs constats accablants pour l’avenir de
l’agriculture et la santé humaine y sont dévoilés.
- 90 % des OGM sont produits
aujourd’hui par Monsanto qui en détient les brevets exclusifs. L’écrasante
majorité de ces plantes génétiquement modifiées sont dites « Round-up ready »,
c'est-à-dire résistantes à l’herbicide Round-up, le désherbant le plus vendu
dans le monde, produit et commercialisé par cette même firme Monsanto…
Le Round-up est un herbicide extrêmement toxique dont les
scientifiques s’accordent d’ailleurs à dire qu’il faudrait un équipement
spécial (masque, combinaison, bottes, gants) pour pouvoir l’administrer
sans danger pour l’utilisateur. Si Monsanto a inventé
les OGM résistants au Round-up, c'est théoriquement pour réduire la
consommation des herbicides. Or, 10 ans après la mise sur le marché des
premiers OGM, on constate que les mauvaises herbes sont devenues résistantes au
Round-up, et que finalement il faut utiliser plus d'herbicide que sur des
plantes non transgéniques.
- En raison du principe
d’équivalence en substance (si un aliment ou un composé alimentaire est
essentiellement semblable à un aliment ou à un composé alimentaire existant, il
peut être traité de la même manière en ce qui concerne la sécurité) très peu
d’études toxicologiques permettant de mesurer les
effets directs sanitaires des OGM ont été réalisées. Le colza, le maïs
transgéniques, dont personne ne peut raisonnablement affirmer leur innocuité,
arrivent donc massivement dans nos assiettes, soit directement soit
indirectement par le biais des nourritures animales. C’est
d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement français, a activé la clause
de sauvegarde pour le maïs Mon 810.
- Tous les nombreux témoignages
d’agriculteurs outre atlantique s’accordent sur le fait que la culture d’OGM
porte atteinte à la biodiversité. Ainsi au Canada, le
colza "Round-up ready" de Monsanto a fait disparaître toutes les
variétés non transgéniques du fait de la contamination par pollinisation qui
est incontournable.
Député de la nation, vous êtes appelé avec vos collègues
parlementaires à vous prononcer sur le Projet de loi relatif aux organismes
génétiquement modifiés, n° 149.
Ce projet de loi ne garantit aucunement la possibilité de
produire et de consommer sans OGM, et va à l’encontre du principe de
précaution. La preuve de la coexistence des cultures n’étant pas avérée à long
terme, le projet entérine de façon irréversible la généralisation d’une
agriculture française dépendante des OGM.
Lors du scrutin du scrutin public de la première lecture, le
9 avril dernier vous n’étiez pas présent. Je me permets de vous interpeller en
vous demandant, Monsieur le Député Maire, quel aurait été votre vote sur ce
projet de loi si vous aviez siégé dans l’hémicycle ?
Dans quelques jours, vous aurez à vous prononcer à nouveau
sur ce projet de loi lors de sa deuxième lecture à l’assemblée nationale.
Monsieur le Député Maire, au nom des nombreux citoyens
alésiens et de la 4ème circonscription du Gard, attachés comme moi à
la préservation de la biodiversité et à la possibilité d’avoir encore accès à
une alimentation saine dans le futur, je vous demande d’être présent lors de ce
scrutin et de voter contre ce projet de loi.
Certains de vos collègues Députés siégeant comme vous au
groupe UMP, comme François Grosdidier ou Jacques Le Nay, auxquels il convient
de rendre hommage, ont déjà eu le courage politique de s’opposer à ce texte en
première lecture.
Le combat citoyen qu’il faut aujourd’hui mener face aux OGM rappelle
celui de l’interdiction du Gaucho et du Régent auquel, en tant qu’ancien
apiculteur, vous avez dû être sensible. Monsieur le Député Maire, je ne doute
pas que vous soyez attaché à la préservation de notre fragile écosystème qui
permette tant aux abeilles qu’aux hommes de pouvoir vivre dans un environnement
sain.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie
d’agréer, Monsieur le Député Maire l’expression de mes sincères salutations.
Benjamin Mathéaud,
Conseiller municipal d’Alès
Secrétaire de section du Parti
Socialiste
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